Le concours Rabah Aissat du village le plus propre initié par l’Assemblée populaire de wilaya (APW) de Tizi-Ouzou a mis les villages à l’heure de l’écocitoyenneté.

Outre les opérations de volontariat de nettoyage organisées par l’administration locale et quelques communes et comités de village, l’APW a institué en 2005 un concours du village le plus propre dont la première édition a été organisée en 2006.

Le Dr Mohammed Msela, président de la Commission santé, hygiène et protection de l’environnement (CSHPE) de l’APW, a indiqué à l’APS que ce concours qui récompense six villages les plus propres, répond à la préoccupation de préservation de l’environnement afin de « garantir un environnement sain pour la population ».

La finalité visée par ce concours est de « créer une dynamique afin que les comités de villages se prennent en charge au plan environnemental, ainsi qu’une concurrence entre les villages qui chercheront à travers ce concours à s’égaler ou à se dépasser pour l’amélioration de leur cadre de vie », a expliqué M. Msela.

Ils redoublent d’efforts pour préserver l’environnement

Des sorties effectuées dans certains villages ont permis de constater que les habitants adhèrent pleinement à cette démarche et redoublent d’efforts et d’ingéniosité pour la préservation de l’environnement et l’embellissement de leurs hameaux.

Des comités de village essayent de réaliser les différentes actions prévues dans le règlement intérieur de ce concours qui prévoit une notation sur 100 points pour diverses opérations liées à la protection de l’environnement.

Des opérations de nettoyage sont organisées régulièrement permettant ainsi d’assainir l’environnement mais aussi de renforcer les liens communautaires, témoigne-t-on.

Aménagement et réhabilitation des places publiques et des fontaines, création d’espaces verts, embellissement des rues, entretien des cimetières, organisation de la collecte des déchets, mise en place de composteurs sont les principales actions initiées dans différents villages de la wilaya, a-t-on constaté.

L’introduction, depuis 2015, d’une nouvelle rubrique liée à la gestion des déchets (tris, collecte, et compostage) notée sur 10 points, dans ce même règlement, a encouragé les villages à aller encore plus loin dans la préservation de leur environnement, puisque aujourd’hui « on ne peut plus se contenter de la collecte des ordures, mais on doit s’inquiéter du sort de ces déchets notamment ceux qui n’en sont pas biodégradables », a souligné le président de la CSHPE.

« Suite à l’ajout de cette rubrique, nous avons remarqué une adhésion des comités de village par la création de plate-forme de tri et la mise en place de composteurs », a relevé le Dr Msela.

Par ailleurs, la subvention, d’un montant allant de 3 à 8 millions de DA, obtenue dans le cadre de ce concours, par les lauréats, est souvent injectée dans des opérations destinées à la protection de l’environnement et l’amélioration du cadre de vie des habitants, a-t-il observé.

Des membres de comités de village ont indiqué que cette subvention a été utilisée notamment pour l’acquisition de broyeurs de plastique et de verre, de retro-chargeurs pour améliorer la collecte des déchets ou pour la réalisation ou l’achèvement de projets d’utilité publique (crèche, bibliothèque, salle polyvalente, maison de jeunes).

De 39 villages en lice en 2013, à 73 compétiteurs en 2016.

D’édition en édition, ce concours, qui porte le nom de l’ancien président d’APW, Rabah Aissat, organisateur de la première édition (assassiné par des terroristes le 13 octobre 2006), ne cesse de susciter l’engouement des villages qui sont de plus en plus nombreux à y participer.

De 39 villages en lice en 2013, année de la relance de ce concours qui a connu une interruption entre 2007 et 2012 durant le mandat du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), on est passé à 73 compétiteurs pour l’édition 2016, selon des chiffres communiqués par la CSHPE.

Dr Msela a souligné qu’un travail de sensibilisation des villages pour participer à ce concours est effectué par l’APW afin de les inciter à « s’investir dans cet effort écologique ».

Celui-ci a observé que beaucoup de villages ne s’inscrivent pas à ce concours en pensant qu’ils ne sont pas prêts. « Nous leur expliquons que le prix ne doit pas être une finalité, car le fait de participer permettra à la commission de se déplacer sur place, voir le village et prodiguer des conseils aux comités de village », a-t-il précisé.

La remise du prix de la 4eme édition du concours Rabah Aissat du village le plus propre aura lieu comme prévue, le 13 octobre en cours. « L’année prochaine, sera organisée la dernière édition pour l’actuelle APW, j’espère que la prochaine Assemblée, qui sera élue en 2018, quelle que soit sa couleur politique, maintiendra ce concours qui s’est soldé par des résultats concrets », a souhaité Dr Msela.

Avec APS

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