Pentagone
Pentagone

Un collectif de journalistes britanniques vient de faire des révélations fracassantes concernant les méthodes utilisées par le Pentagone dans sa guerre contre le terrorisme, notamment depuis l’intervention américaine en Irak en 2003.

Les américains auraient ainsi eu recours à une large campagne de propagande pour justifier leurs interventions au Moyen-Orient et dans d’autres régions du monde sous couvert de la lutte antiterroriste. Selon Martin Wells, ancien salarié de la célèbre société britannique de communication et de relations publiques Bell Pottinger, cette dernière aurait bénéficié d’un large soutien financier américain dans le but de produire des contenus classés « top secret » sous la supervision de militaires américains.

Le Pentagone aurait ainsi dépensé la somme astronomique de 540 millions de dollars entre 2006 et 2011 dans le cadre d’un large programme de propagande qui comprenait notamment la réalisation de fausses vidéos djihadistes. Martin Wells a déclaré au Bureau of Investigative Journalism, le collectif de journalistes qui a révélé l’affaire, que la société pour laquelle il travaillait était chargé de produire des spots publicitaires anti-Al Qaïda, mais également de faux reportages vidéos qui étaient montés de manière à faire croire qu’il s’agissait de productions de chaînes de télévision arabes.

Les contenus ainsi produits étaient vendus et diffusés par des chaînes de télévision arabes comme étant des vidéos des terroristes d’Al-Qaïda. L’armée américaine aurait eu recours à ces productions dans le but de localiser et de traquer les personnes qui visionneraient ces contenus, les vidéos ayant été encodées de manière à être obligatoirement connectées à internet lors de leur visionnage. Certains des CDs sur lesquels étaient gravées ces vidéos se seraient ainsi retrouvés en Iran, en Syrie et même aux États-Unis. « Si au bout de 48 heures ou d’une semaine, un CD était visionné dans un autre coin de la planète, alors là cela devient plus intéressant (…), car cela vous offrait une piste » explique Martin Wells qui révèle également que la société Bell Pottinger rendait compte des résultats de l’ensemble de son programme au Pentagone, à la CIA et au Conseil de sécurité national américain.

Même si à l’époque des faits, personne ne pouvait prévoir les risques potentiels que représentaient de telles vidéos, il devient aujourd’hui clair qu’elles ont joué un rôle non négligeable dans la radicalisation de centaines d’individus qui ont fini par rejoindre des organisations terroristes telles que l’État Islamique (EI/Daesh). Ces contenus auraient également inspiré des organisations terroristes dont les membres diffusent aujourd’hui leur propagande sur les réseaux sociaux.

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