A défaut de faire son intervention en une langue « plus accessible » et « plus conforme », comme la langue arabe, le député de Bgayet (Béjaia) Khaled Tazaghart, et dans son intervention en kabyle à l’Assemblée Populaire Nationale (APN), habitué à cet obstacle, a tenu à remettre à sa place une député qui avait demandé à l’intervenant de traduire ses propos. 

Le député d’obédience Front El Moustaqbal avait intervenu cette semaine auprès de l’APN où il n’a pas trahi son engagement dans le militantisme pour les droits des enseignants contractuels, « marginalisés et négligés » par les autorités. Sur le même sillage, c’était l’occasion pour le député de la Soummam de faire preuve d’intransigeance concernant sa lutte pour l’identité à laquelle il appartient. En effet, Khaled Tazaghart a remis à sa place une député en lui expliquant « si vous ne compreniez pas le Tamazight, vous devriez savoir que le peuple algérien ne comprend pas l’arabe depuis 1962 ! » lui a-t-il lancé, et de continuer par lui dire qu’il lui « traduira alors dans… ses rêves » !

La langue Tamazight étant officialisée dans la constitution réformée en février 2016 trouve toujours des difficultés à émerger, après plusieurs tentatives de différentes administrations du pays d’empêcher son exercice et son application. La tentative la plus récente remonte à l’été dernier, lorsque des troupes de théâtres se sont vues interdites de produire des pièces théâtrales d’expression amazighe par la direction du Théâtre Régional de Guelma.

Dans une assemblée censée regrouper l’ensemble des représentants du peuple, de toutes les couches sociales, et de différentes spécificités linguistiques et culturelles qu’ils soient, semble ne pas sortir de l’ancienne auberge, où la conformité de la langue arabe comme unique langue d’expression demeure la pièce matrice de certains députés.

Dans tout les cas, le député Khaled Tazaghart dans son intervention semblé être déterminé à remettre les points sur les « i ». Chose faite! 

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