Le ministre Tahar Hadjar avoue que le résultat du système LMD est chaotique
Le ministre Tahar Hadjar avoue que le résultat du système LMD est chaotique

Dans le cadre d’une rencontre avec les étudiants du FLN, le ministre de l’enseignement supérieur et de la formation professionnelle a reconnu l’échec qu’a engendré le système LMD depuis son intégration en Algérie.

De tous les ministres qui sont passés à la tête du secteur de l’enseignement supérieur, Tahar Hadjar est le premier responsable de ce secteur à avoir reconnu l’échec de la mise en œuvre du système LMD dans le pays en raison de plusieurs facteurs. Au début, le ministre s’est désolé de constater que les principaux objectifs de l’application de ce système d’études ne soient pas réalisés. « Le système LMD a été conçu pour plus de rigueur et de lisibilité dans nos universités, mais c’est le contraire qui s’est produit. Il a provoqué un chaos  » a déclaré le ministre aux étudiants.

L’intégration du LMD représentait pour l’université algérienne et sa tutelle un défi aux enjeux rigoureux qui dépassent les frontières, puisqu’il propose de nouveaux moyens aux pays émergents en général et à l’Algérie en particulier, qui leur permettraient de s’adapter aux conditions de la mondialisation et de la globalisation de l’économie. Cependant, la tutelle de ce secteur ont vu la nécessité d’optimiser la lisibilité des diplômes ainsi que la rigueur des formations offertes par l’université algérienne, en vue d’équilibrer l’équivalence des diplômes au niveau international. Aujourd’hui, en dépit de l’existence inattendue de plus de 6000 licences, le ministre a reconnu que  » notre système universitaire n’est plus lisible et il génère des problèmes d’employabilité énormes  » indique-t-il.

Dans ce sens, et voulant faire preuve de réalisme, Tahar Hadjar a plaidé pour une réforme très profonde du système universitaire algérien. L’interlocuteur estime que  » nous avons beaucoup investi dans ce secteur et avons remporté la bataille en termes de réalisations d’infrastructures à travers le pays, tout comme nous avons réussi à mettre à la disposition de nos étudiants les moyens de l’encadrement « .

En termes de moyens dont dispose l’université algérienne, ils ont été l’objet de contestation à maintes reprises par la communauté estudiantine au cours des différents mouvements réalisés via leurs structures syndicales autonomes. La junte estudiantine a même conçu tout un mouvement pacifique durant l’année universitaire 2010/2011 par lequel ils ont rejeté catégoriquement l’application de ce nouveau système universitaire pour la multitude des problèmes qu’il pose. Pour faire court, les conditions socio-pédagogiques et la pertinence de la formation et du diplôme dans le système LMD ne sont pas commodes aux circonstances que connait l’université algérienne, on peut même déduire son efficience par le simple fait que les entreprises refusent de recruter les étudiants à cause de leur formation jugées insuffisantes par rapport au contenu pédagogique de l’ancienne licence d’une durée de quatre ans. Ce sont les raisons pôles qui ont fait sortir les étudiants de leur silence, pour revendiquer une alternative et alerter contre un échec potentiel qui menace l’université algérienne.

Par ailleurs, afin de conforter son argumentaire avec des objectifs plus clairs, le ministre ambitionne de créer des conditions conformes aux règles sociales sur lesquelles vont s’aligner l’ensemble des universités algériennes, dans le but de générer l’harmonie entre l’université et le climat social qui règne dans les différentes wilayas.  » Les programmes doivent être en phase avec le milieu social. Enseigner les sciences politiques dans une région déconnectée du monde n’a pas de sens. Il faut œuvrer à créer une synergie entre la nature des formations et le milieu social et politique où évoluent les étudiants. De plus, les universités étant des institutions non pas locales, mais nationales, il est nécessaire d’encourager la mobilité des étudiants  » a-t-il insinué.

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