Ecole : Comprendre le complot contre Nouria Benghabrit
Ecole : Comprendre le complot contre Nouria Benghabrit

«Le problème c’est l’école et la solution c’est l’école» c’est ce que tous les courants idéologiques savent, ainsi celui qui met la main sur le système éducatif acquiert des générations à sa cause.

En Algérie ce sont aussi plusieurs courants qui ont compris l’enjeux de l’école, entre autres, les islamistes, les Baasistes, les berbéristes ainsi que les laïques libéralistes de droites et de gauche, dont chaque groupe  forme des alliances avec d’autres pour peser sur la scène politico-médiatique dominée par le pouvoir qui n’a aucune appartenance réelle sauf celle des intérêts et de pérennité de son règne, instrumentalisant et manipulant tous les débats.

«L’islamisme et l’arabisme, sont deux faces de la même pièces … Pas d’Islamisme sans arabisme et pas d’arabisme sans islamisme»

La coalition Islamo-baasiste, entre toutes les tendances islamistes et celles des arabistes, même si contre nature si l’on sait les bases laïques de l’idéologie bassiste, s’affirme dans les rapports de forces populaires via ses médias et partis politiques, qui ont bénéficié durant plus d’un demi siècle  de la main mise sur le système éducatif.

Lire : Sauvez Benghebrit, sauvez vos enfants !

Une main mise menacée après l’arrivée de Nouria Benghabrit à la tête du ministère de l’éducation nationale et ses positions par rapport à l’identité algérienne ainsi que son projet d’«algérinisation» de l’école.

M. Nouria Benghabirt est la cible de plusieurs campagnies médiatiques revendiquant sa démission depuis le premier jour de sa désignation, en l’accusant d’avoir des «origines juives», d’offrir «l’école algérienne à la France» et combattre «la langue et l’identité arabe de l’Algérie» via les réformes de la deuxième génération.

 

Sabotage des manuels scolaires : le complot de trop !

La dernière tentative de déstabilisation après «la fuite des sujets du BAC», était le sabotage d’un manuel scolaire destiné aux élèves de la première année moyenne «en remplaçant le nom de Palestine par celui d’Israel» suivie d’une campagne médiatique féroce revendiquant la démission de la ministre.

Mais cette «erreur que la maison d’édition assume» selon le communiqué de la tutelle, n’est pas la seule manœuvre des ennemies jurés de Nouria Benghabrit. Une autre visant tourner ses alliés contre elle, a été entrepris en glissant un classement raciale dans le même manuel scolaire.

Sabotage de l’intérieur du ministère

Le sabotage du travail que Nouria Benghabrit est entrain d’accomplir avec les réformes de la deuxième génération ne vient pas exclusivement de l’extérieur, mais prend sa force des complices de l’intérieur à l’instar de l’affaire des «Fuites des sujets du bac» dont plusieurs responsables du ministère étaient impliqués.

Selon une enseignante  de langue et de lettre arabe interrogée par Kabylie News, plusieurs de ses collègues enseignants et administrateurs du lycée où elle travail, font un travail de sape contre les réformes du système éducatif.

QUI EST Mme NOURIA BENGHEBRIT ?

L’actuelle Ministre algérienne de l’Education Nationale est issue d’une famille musulmane tlemcénienne d’origine andalouse. Quant à son mari, sa famille est d’origine morisque, dont le patronyme Remaoun provient de l’arabisation du nom espagnol Ramón. Elle est la fille de feu Djilali Benghabrit, ancien moudjahid décédé en 2007, et la petite-fille du frère de Si Kaddour Benghabrit, fondateur de la Grande Mosquée de Paris.
Elle obtient en 1973 une licence en sociologie, puis en 1977, soutient son diplôme d’études approfondies (DEA) en sociologie de l’éducation à l’université d’Oran sur la problématique de l’orientation scolaire et professionnelle. Elle était une étudiante studieuse, en phase avec les données politiques de l’époque qui mettaient la majorité dans le giron des «progressistes» luttant contre l’impérialisme et le capitalisme exploiteur. Elle était alors très active dans le Comité Universitaire de Volontariat (CUV) qui mobilisait les étudiants dans la campagne d’explication de la Révolution Agraire aux paysans. En 1982, elle décroche son doctorat, dans le même domaine d’études que son DEA, délivré par l’université Paris V . Elle est habilitée à diriger des recherches et spécialiste des sujets relatifs à l’éducation, la jeunesse, les femmes dans la société et la famille.

Carrière professionnelle

Tout en enseignant depuis 1973 à l’Université d’Oran, elle est nommée en 1976 chef du département de Sociologie à la même université. Elle rejoint plus tard, à sa création en 1985, l’Unité de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle (URASC), d’abord en tant que chercheuse et responsable du laboratoire de recherche sur l’éducation et les systèmes de formation qu’elle a monté, puis en tant que directrice de l’URASC de 1989 à 1992, année au cours de laquelle l’unité se transforme en centre de recherche. Elle a ainsi dirigé le Centre national de recherche en anthropologie sociale et culturelle (CRASC), de sa création en 1992 à sa nomination en 2014 à la tête du ministère de l’Éducation nationale. N’ayant pas d’appartenance politique particulière, elle est considérée comme étant une ministre technocrate. Elle a fait partie de la commission dite Benzaghou, chargée en 2001 de proposer un rapport visant à réformer le secteur de l’éducation en Algérie. Nouria Benghebrit en 2015 à Idles. Elle a été élue en 2002 et en 2005, pour deux mandats successifs de trois années, membre représentant l’Afrique du Nord au Comité exécutif du Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (CODESRIA). De 2003 à 2006, elle fut la présidente du comité arabe de l’Unesco pour l’enseignement supérieur et, à ce titre, membre du Comité mondial du forum de l’Unesco pour l’enseignement supérieur, la recherche et la connaissance. Elle a été, de 2007 à 2010, vice-présidente du conseil d’administration de l’Institut Africain de la Gouvernance (IAG). En 2012, à la suite de sa désignation par le secrétaire général des Nations unies, elle rejoint le Comité des politiques de développement pour un mandat de trois ans. Ce comité devant présenter au Conseil économique et social des Nations unies des analyses et avis indépendants, elle a dû en démissionner à sa nomination en tant que ministre.

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