Benghabrit : Le grave dérapage ethniquo-raciste d'un manuel scolaire contre les amazighs
Benghabrit : Le grave dérapage ethniquo-raciste d'un manuel scolaire contre les amazighs

DÉRAPAGE- L’affaire du remplacement de la Palestine par le nom d’Israël dans un manuel scolaire a fait vite réagir Nouria Benghabrit, ministre de l’éducation nationale, grâce à la mobilisation d’un armada de médias arabo-islamistes, dont le conflit arabo-israelien reste le principal cheval de bataille et la fibre sensible des  masses populaires.

Mais le plus grave dérapage ne suscite aucune indignation populaire sauf chez les sphères amazighs  sur les réseaux sociaux, qui déplorent d’un côté un classement racial du peuple algérien et d’un autre coté une falsification grave de l’histoire, la géographie et la science.

En effet, le peuple algérien est présenté comme «d’origine ethnique arabe à 80%» avec le reste qui est «un mélange de Kabyles, Chaouis, Chleuhs, Mzabs et Touaregues».

«Que celui qui se sente un mélange met un j’aime» a écrit Amira Bouraoui dans la légende de la capture mise à la une de cet article, alors qu’un activiste Chaoui a écrit sur son profile«L’objectif du système éducatif algérien n’est autre qu’apprendre à nos enfants  que l’arabe est la langue du paradis et que l’Algérie est arabe de langue, d’identité et de race».

« Comparés avec d’autres communautés, notre résultat indique que les Tunisiens sont très liés aux Nord-Africains et aux Européens de l’Ouest, en particulier aux Ibériques, et que les Tunisiens, les Algériens et les Marocains sont proches des Berbères, suggérant une petite contribution génétique des Arabes qui ont peuplé la région au VIIe ou VIIIe siècle. » ( A. Hajjej, H. Kâabi, M. H. Sellami, A. Dridi, A. Jeridi, W. El Borgi, G. Cherif, A. Elgaâïed, W. Y. Almawi, K. Boukef et S. Hmida, « The contribution of HLA class I and II alleles and haplotypes to the investigation of the evolutionary history of Tunisians », Tissue Antigens, vol. 68, n°2, août 2006, pp. 153–162).

Rappel historique

Le Maghreb, initialement peuplé de Berbères, a été envahi par de nombreuses civilisations, qui ont toutes été assimilées à des degrés divers : Phéniciens, Romains, Vandales, Arabes, Espagnols, Turcs et Français. De plus, beaucoup de Maures (Espagnols islamisés) et de Juifs arrivèrent d’Andalousie à la fin du XVe siècle.

Les premiers Arabes orientaux, venus à partir du VIIe siècle avec les conquêtes musulmanes, ont contribué à l’islamisation du Maghreb. C’est à partir du XIe siècle, avec l’arrivée des tribus hilaliennes (tribus bédouines arabes) chassées d’Égypte, que l’arabisation linguistique et culturelle s’est renforcée. En conséquence, pour pouvoir profiter des gains et des prébendes, qui étaient le lot des conquérants arabes victorieux, il valait mieux se déclarer arabe et musulman, être du côté des vainqueurs et des maîtres. Beaucoup de tribus berbères ont opté pour ce choix : elles renient leur berbérité pour se déclarer arabe (voirArabisation du Maghreb : qu’en est-il au juste ?). Le même phénomène continue jusqu’à nos jours.

Cette mentalité s’est incrustée dans la mémoire collective de beaucoup de Maghrébins depuis cette époque : se déclarer, aujourd’hui arabo-musulman, signifie être du côté des maîtres, des chefs, des prédateurs, des nouveaux oligarques islamistes. De nos jours, on voit ce phénomène en Tunisie, en Libye, et ailleurs : ceux qui veulent profiter des postes de direction et des prébendes qui vont avec, ceux qui veulent acheter les biens de l’Etat à vil prix, ceux qui veulent caser les membres de leurs familles, se découvrent, soudain, pro-islamistes. Car les islamistes, qui sont au pouvoir, considèrent la province conquise (pour eux, la notion d’Etat nation n’existe pas. Tous les pays ne sont que des provinces du califat projeté) comme leur propriété privée, leur prise de guerre, suite à une razzia appelée, par les démocraties occidentales, des « élections libres et transparentes », mais que les Tunisiens considèrent comme frauduleuses et truquées. Comme on disait en Mai68 : « élections, piège à cons ».

1 COMMENTAIRE

  1. je crois qu’il y a une erreur délibérée pour orienter encore plus le débat… la page que vous publiez ne figure pas dans un manuel scolaire mais dans un Atlas de l’Algerie et du monde (en arabe)

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